mardi 5 juillet 2011

Une expédition magnifique



Vendredi, j'ai terminé mon travail...

Au revoir mauvaises herbes, aventure nous voilà !

Autostop jusqu'à Oughterard pour faire les provisions ( n'oublions pas le pot du nutella pour le petit déjeuner !)

[mode hors-sujet ON]

En passant, malgré mes efforts, cela arrive que l'on reconnaisse mon accent sexy de frenchie ! Rahhh je n'arriverai jamais à me fondre dans la masse...

[mode hors-sujet OFF]

Et c'est partit pour un week-end de trip !

Direction la Western way.

Le temps est magnifique propice à la randonnée, c'est génial, je repasse par le superbe point de vue que l'on peut avoir sur le Long Corrib,. Imaginez, des dizaines d'îles sur un lac, les champs de moutons et de tourbières... On commence à être dépayser ? Attendez, nous sommes qu'au début de ce récit !


Je suis passé par New Village, un hameau sans prétention mais qui a le mérite de posséder une chaumière pittoresque dans un joli jardin... Les propriétaires doivent avoir de l'humour puisque un fermier a la tête la première dans le puits...



Après cela, les kilomètres défilèrent au rythme des haies qui bordent la route. Mais quand est ce que je vais voir les paysages tant promis ?!

 Au moment où je passais devant une habitation, un vieil homme me salua avec le traditionnel "hello, how are you". S'ensuivit alors une discussion très enrichissante... Il voulait savoir d'où je venais, où je voulais aller etc. Lorsque je lui parla de mon projet de grimper les montagnes environnantes, il se mit à me raconter sa jeunesse, trépidante et imprudente à la fois.
Vint le moment où ce dernier me conseiller de camper  quelques centaines de mètres après la fin de la route.

Puis au détour d'un virage à priori insignifiant, mon visage s'illumina face au spectacle qui s'offrit à mes yeux.

Un ciel tourmenté, milles et une nuances de gris, des ombres plongeant dans le lac, surplombé par des montagnes tantôt vertes, tantôt noires, tantôt bleues. Des îles ponctuant ce décor de rêves, accompagnés de petites embarcations aux couleurs chatoyantes...

J'étais face à un paysage de rêve ou chacun de mes pas me conduisaient à une nouvelle carte postale...
 J'étais tel un aveugle découvrant pour la première fois la beauté du monde qui l'entoure.
Vous allez dire que j'exagère un peu mais je n'y pouvais rien, j'étais soufflé par tant de beauté...Mon extase fut douché par l'arrivée de trois pompier de paris ( breton quand même ) en vélo. 


Sans blague pas des français à cette heure ci quand même ( il était 8h du soir).

On s'est rapidement séparé, après quelques encouragements mutuels...

Au détour du chemin, j'ai rencontré un camping cariste un peu hippie qui était comme moi émerveillé par le paysage, il était comme un coq en pâte posé là où il était. Aussi j'ai discuté avec fermier qui polissait son canot, il m'a proposé de dormir dans son champs mais j'ai poliment refusé, il était recouvert par un nuage géant de midges ou  de moustiques...

J'ai suivi le conseil du grand père de tout à l'heure et je n'ai pas été déçu...  Imaginez, seul sur une rive du lac avec pour seul vu les montagnes recouvertes par un nuage cotonneux auréolé par le coucher du soleil !

Mais bon l'installation du camp se fit avec difficulté à cause des midges ! Vous ne savez pas ce que sont les midges ? Vous voyez nos moucherons communs ? Oui, ça y est ? Maintenant si je vous dis qu'ils mordent et qu'il vous attaquent en nuée ?     Voilà ce que sont les midges !

Lorsque vous vous déplacez, pas d'ennuis à l'horizon, restez immobile et ils vous sauteront dessus tels des vampires ! A priori ils sont attiré par notre souffle...

En attendant je me suis "amusé" à monter ma tente en essayant de survivre à leurs assauts, avant de me glisser vite fait bien fait à l'intérieur. J'en avais des dizaines sur moi, saloperie ! La prochaine fois je ne ferais pas le malin, j'écouterai Padhraig, et j'irai acheter un répulsif...


Après une bonne nuit de sommeil, réveil à 7h, petit déjeuner en courant ( à votre avis...), superbe lever de soleil, que demande le peuple ? Euh, un répulsif ? Oh ça va...

Dommage que je n'ai pas pu apprécier ma soirée sur les rives, à cause de ces ........  d'insectes.

Vous pouvez voir sur les photos du campement, 2 montagnes, la première la plus grosse et aussi la plus proche ( il s'agit plutôt d'une colline) fait 350m, c'est parti pour la grimpette...

Avant cela j'ai traversé une forêt étonnante car il faut savoir que celle-ci repose sur la tourbière. En clair, éloigne toi du chemin et plouf dans la boue!



Pour traverser différentes zones, je devais grimper sur divers escabeaux, so funny ! 

Mais c'est étrange car d'après ma carte, je devais longer la colline du coté du lac, or je m'en éloigne... Bizarre j'ai dû raté un chemin, pourtant j'avais scrupuleusement suivi les panneaux...
Tant pis on continue !


Après des tours et des détours j'ai fini par déboucher au sud de la colline, arrivant sur une route ( R336), je m'étais bien planté en fait.


Je n'ai pas pu monté dessus mais je me dresse maintenant à mon second ( premier du coup )objectif, the Caucun Mountain ! Il s'agit de la montagne que vous pouvez apercevoir sur la photo du campement ( celle à gauche) où le sommet est caché par des nuages... Ce dernier atteint 609 mètres, pas mal non ? Surtout lorsque l'on sait qu'en terme de conditions atmosphérique, 609 mètres en montagnes irlandaises correspond à 1218 mètres en montagnes françaises et que les alpinistes retrouvent à ces hauteurs les mêmes aspects ( roches etc.) que les hauts Pyrénées  ( plusieurs millier de mètres...). Il s'agit donc du challenge du jour; en plus c'est en hors piste, yeaaah !


Pour grimper, j'ai dû m'improviser un peu trappeur, c'est à dire suivre les traces des moutons ( végétations cassée, excréments etc.). En effet, comme vous le savez, il n'y pas de sentiers. Aussi il convient de monter en zig-zag pour limiter l'effort. Ainsi j'ai suivi la piste de ces charmantes petites bêtes ( si vous passez par là bêêêêeh à vous ! ) qui m'a permis de gravir une pente incertaine. Voyez plutôt: un dénivelé de fou, des roches instables, des rivières de gravats, des marais, des ruisseaux, des corniches "donnant dans le vide", un vent vicieux... En gros tout pour me faire tomber !


Qu'est ce que j'ai pu suer pour arriver au sommet. J'avais déjà marché pendant 3h avant, fait 15km en 3h la veille, je n'avais pas grand chose dans le ventre  et pour ne rien arranger le temps était super sec !



Mais à coup de pauses ( spaghettis bolognaises en boite...) et de photos, j'ai réussis à le faire ! 



Tout au long de la montée la vue se faisait de plus en plus belle, vous pouvez apercevoir les lacs, tout le Connemara ( et ses nombreuses montagnes ), la mer etc. C'était magnifique !










Puis arrivé tout en haut, comme la tradition l'exige j'ai rajouté ma pierre à l'édifice de ceux qui sont allé jusqu'au bout !


Avec le temps, très chaud ( plus de 20°) pour l'Irlande, je me suis rendu compte que je n'avais pas assez d'eau pour tenir jusqu'à dimanche. J'ai donc décidé de descendre la face ouest pour rejoindre la route principale en passant à travers une tourbière...  Ce fut le choc lors de cette descente, en face de moi aucune trace de civilisation, des montagnes partout, j'avais l'impression d'explorer des territoires sauvages ...
Malheureusement un fermier a décidé de s'approprier tout la partie ouest des Mautmurk Mountains, non mais vous croyez ça vous ?

C'est alors que j'ai dû faire le tour complet de la Caucun Mountain... Pour résumé la descente et mon sac m'ont achevé, à la fin je n'en pouvais plus. Mais les paysages sublimes ont réussi à me faire tenir !



J'ai réussis à rentrer à Oughterard par l'auto-stop, rencontre avec un ancien montagnard qui a fait toutes les montagnes du coin étant jeune et rencontre avec un joueur de rugby qui roulait comme un fou sur une route d'un état pitoyable ( Galway-Cliften) mais qui offrait encore des vues splendides!



Pour finir ce petit trip  résume à lui seul les beautés que le Connemara peut nous offrir et je comprend mieux désormais pourquoi les artistes sont inspiré par cet endroit, si magique et mystique à la fois. Vous avez l'impression d'être ailleurs et pourtant l'Irlande est à coté de la France, stupéfiant.



Comme mes mots ne suffisent pas pour décrire ce que j'ai vu, je vous invite à regarder les photos dans la section photos du menu  . Je pense qu'elles vont vous donner envie de partir là-bas ;) !