A chaque vendredi, mon pouls s’accélère, je deviens fébrile, hanté par ce mystérieux parfum qu'est l'aventure...
Le sac sitôt fait, me voilà à nouveau sur la route... vers Letterfrack et le national park !
Après plusieurs kilomètres, sur la route menant à Oughterard ( pour prendre le bus ), une voiture s'arrêta sur le bas coté.
On me proposa d'embarquer... Qui sait où cela pourra me mener ? J'acceptai donc volontiers la proposition. J'avais affaire à deux backpackers Allemand qui visitait les environs au gré de leurs rencontres, de leurs envies... En clair, aucune planification ! L'accent germanique est très drôle à entendre, autant que le nôtre à mon avis !
Nous sommes allés nous échouer à Maum ( village paumé ) pour voir le Quiet Man Bridge. Je suis allé me renseigner dans un petit pub où tous les pochetrons s'étaient donnés rendez-vous. Eh bien, avec un accent gaélique imbibé d'alcool, je dois vous avouer que je n'ai rien compris !
Bon les allemands allant dans une autre direction que la mienne, me déposa à Mam Cross ( cf mon dernier trip )sur la route principale après plusieurs pringles et photos échangés ! Super sympa, mais ils ont maintenant un dossier sur moi ( cf une courte vidéo où je me présente avec mon merveilleux accent frenchie ...). Non ne me suppliez pas, je ne la posterai pas sur mon blog !
Bon c'est reparti pour marcher sur la route principale N59 ( direction Clifden ), le pouce levé bien entendu ! Une ostéopathe me prit sur la route dans son van ( en ruine ) rempli d' os de moutons. Elle allait voir ses amis sur une plage à priori, en mode fête hippie si j'ai bien compris ! Une personne également intéressante...
"Qu'est ce que tu vas faire en NZ, tu aimes les moutons c'est ça ? Oh tu peux parler l'Australie est pas mal non plus ".... Bref un bon moment !
Arrivée à Letterfrack, le village est bondé. A priori, samedi c'est le fameux treck du Connemera réunissant tout le gratin mondial du treck rien que ça ! Mais bon, cette année ce treck fait le buzz chez les pratiquants. Il serait trop facile à priori, mais bon après m'être renseigné auprès d'un participant ( qui préparait des dizaines de mixtures énergisantes, chimie quand tu nous tiens...) il s'agit quand même de 70km ! 70 km ... pas bien non ?! En plus ils courent comme des cabris !
J'ai déposé mon sac au Old Monastery Hostel. Alors que dire cette charmante auberge ? Une vraie curiosité à elle seul, une caverne d'Ali Baba, un joyeux bordel, une joie de vivre... A visiter d'urgence juste pour prendre une douche sous des lueurs néons bleutés façon boite de nuit !
Je suis accueilli par une française qui bosse l'été ici... DAMNED ! Le proprio n'est pas là, sûrement au pub ( un pur irsh celui-là ) mais "no worries, be happy" --> je payerai le lendemain et je prend le premier lit qui arrive, sympa !
J'ai partagé ma chambre avec un anglais qui s'en allait le lendemain sur l'ile Inisbofin puis arriva... wait for it ... a fre... wait for it.... nch ! Français DAMNED !
En plus j'étais tombé sur le gros lot, prétentieux, fière d'être raide tout les soirs, connu dans le comté de Clare pour de mauvaises raisons... Et grande gueule avec ça !
J'ai pu m'éclipser pour goûter aller manger un morceau dans un petit resto-snack qui ne payait pas de mine au premier abord mais qui m'a été conseiller par un local pour ses hamburgers... Euhh je ne suis pas venu jusqu'ici pour manger un truc que je peux trouver au premier fast food du coin !
Donc c'est parti pour l'irish stew, sorte de ragoût de mouton trempant dans une sauce onctueuse accompagné de pain complet fait maison ! De la viande, enfin ( c'est lassant de manger végétarien ...) ! Délicieux, tellement délicieux que j'ai redemandé du pain pour saucer mon assiette ( pas bien ! ).
Je vous recommande donc cette petite adresse ( cf sections photos ) qui propose une cuisine simple mais à petit prix, parfait pour l'étape du jour.
Puis 21h30, direction l'irish music session au pub du coin ! Naturellement le français et les serveuses de l’hôtel ( françaises également ) m'ont collé aux basques ! ...............
Bon, alors qu'ils voulaient me saouler car c'était le minimum selon eux car j'ai eu le malheur de dire que je ne buvais pas pour me rendre minable ( (navrant, en plus ils ont réussi à me dégoûter quelque peu de la Guiness, DAMNED !). A priori, lorsque l'on est saoul, on s'amuse plus et que moi je n'aurai jamais les cou°°°°°° d'aller sur la piste à jeun ( les paris sont ouvert...).
Naturellement je leur ai faussé compagnie pour un temps ( un temps seulement ...) et j'ai pu faire la connaissance de suisses vivant à Zurich qui faisaient un trip à vélo ainsi que de jeunes Irlandais du coin où nous avons débattu du pouvoir de la french love en Irlande... De simples discussions de comptoir quoi !
Puis les musiciens ( dont un français habitant depuis plusieurs années en Eire ), commencèrent la session ! La première partie rassemblait quelques classique de la irish folk music...
Puis les musiciens entamèrent des reprises de Manu Chao ! Les irish n'ont pas vraiment compris ce qui se passaient: tout les français hurlaient en coeur les hits comme clandestino... Génial !
Vint après des morceaux plus dansants. Pour ceux qui me connaissent, je me suis naturellement dirigé vers la piste ( pendant que d'autres dont je tairais le nom, s’enfilaient des pintes pour se donner du courage, j'en rigole encore...) pour m'éclater ce jusqu'à la fermeture !
Ce vendredi, j'aurai fait des rencontres étonnantes, diverses, étonnamment riches... Je crois que je vais continuer à faire de l'auto-stop dès à présent. C'est vraiment par ce moyen que vous pouvez rencontrer des personnes qui ont le cœur sur la main, intéressantes et nouer de vraies relations humaines... Et c'est grâce à ces rencontres que votre voyage devient authentique... C'est difficile de l'expliquer mais l'auto-stop est une belle manière de rencontrer l'autre... En France, beaucoup de personnes voient l'auto-stoppeur comme un original, un voyou, un junkie et je ne sais quoi d'autre... Honnêtement, à mon retour je ne serais plus l'automobiliste qui les ignore, qui passe sans les voir. Vous savez, rien n'est plus frustrant de voir quelqu'un seul dans une voiture qui ne prend pas la peine de s'arrêter alors que vous avez pas mal de km dans les pattes. Arrêtez de nous voir comme un danger, mais voyez nous plutôt comme une découverte, comme un compagnon de route. Vous pourriez avoir de jolies histoires à raconter par la suite...
Samedi matin, petit déj' à 9h et let's go pour la Diamond Hill ( aux environs 400m )! Après avoir dépassé des chevaux Connemara qui semblaient mort... Je me suis dirigé vers le début du sentier, commence la grimpette, me fait dépasser par des gamins, ça monte davantage et ...rahhhhh! La folle nuit sur la piste de danse d'hier soir a ruiné mes jambes!
Derrière moi la montagne coulaient l'océan... Les nuages plongeaient sur les monts environnants... La brume m'enlace, la bruine tombe... Et pourtant je montais toujours, me maudissant d'avoir fait le Travolta hier soir!
Sur le sommet des silhouettes se découpaient sur une éclaircie éphémère. Ils ont déjà atteint le sommet ?
Je redoubla d'efforts et, après m'être hissé sur un roc, je me dressais enfin sur la crête qui me conduisit jusqu'au sommet.
Et mon excitation retomba aussi sec lorsque je vis la masse de touristes en train de casser la croûte sur la Diamond Hill. L'excitation s'en alla pour laisser place à l'amertume. Les paysages, pourtant magnifiques, se ternirent à mes yeux... On était loin de la Caucun mountain, où l'on avait l'impression de gravir un sommet vierge !
Au sommet de cette colline, l'aventure ici rime avec Disneyland !
Vite une solution ! C'est parti direction Kileymore Abbey via la face ouest pendant que les autres redescendaient vers Letterfrack ! Enfin du hors-piste !
Mes seuls compagnons se réduisirent aux moutons ! Pourtant seul 100 mètres me séparaient des touristes ! Comme quoi dès que l'on sort des sentiers battus...
Magnifique vallée, on aperçoit Kylemore Abbey au nord ouest... Hop, je rejoignis un pont en contrebas ( une colonie de mouche plutôt )pour rejoindre un chemin à travers la tourbière.
Puis tout à coup.... plouf !
Vous avez déjà vu les lézards qui courent sur l'eau ? Eh bien je venais de faire la même chose... dans un marais... en m'enfonçant de 30cm à chaque fois !
Mais au risque de vous décevoir, mon pantalon est resté au sec, incroyable non ?
C'est alors que je suis arrivé à une porte rouillée qui mène à des ruines... visiblement il n'y a pas grand monde par ici ! Je suis naturellement passé par-dessus, découvrant au passage une paire de ciseaux rouillée ( pour la tonte ?). J'ai débouché à l'arrière des ruines où un portique surmonté d'une cloche, m'enveloppa de son ombre... Mais où j'étais donc ?
J'ai eu la réponse en passant devant une grande maison où des bonnes sœurs me fixaient à travers les fenêtres...
Oups je crois que j'étais au logement des soeurs de Kileymore Abbey ( pensionnat féminin haut de gamme dirigé par des soeurs). Bon vite, je pris le chemin derrière le tracteur pour déboucher sur le parking de la dite abbaye où le gardien me jeta un regard soupçonneux ( je me suis rendu compte trop tard que mon chemin était agrémenté d'un joyeux panneau interdiction de passer !).
Alors que dire de l'abbaye ? Belle bâtisse au bord d'un étang et qui grouille de DAMNED français...
Je ne m'y suis pas trop attardé car c'était assez pesant de voir tout ces touristes qui vous regardaient comme un intrus ( bah quoi il n'est pas beau mon sac Quechua ? )
Je me suis dirigé vers le lac Kileymore pour chercher un coin tranquille ( ce n'est pas très plaisant de manger au bord de la route... ). Tiens un chemin menant vers un B&B ? Why not ! C'est alors que j'arriva sur la rive sud du lac, à l'opposé de la route principale donc!
Tandis que des pêcheurs à la mouche essayaient de taquiner la truite, j'essayais tant bien que mal de faire des ricochets avec des cailloux minables... les poissons en rigolent encore !
Après m'être rassasié en admirant les couleurs subtiles et changeantes du lac, j'ai fais route vers le B&B pour tenter de longer le Kileymore Lough au sud. Et là mes amis, ce fut mon jour de chance !
Vous vous souvenez que samedi se déroulait le fameux trek dans le Connemara ? Eh bien tout le sentier, morcelé par les champs et les propriétés privés, a été ouvert pour l'occasion !
Vous savez ce que cela veut dire ? Je suis peut être le seul, oui je dis biens le seul, touriste ( pas sportif hein) à passer par là cette année... C'est assez grisant !
Alors ce fut une ballade super sympa, avec une sorte d'olivier poussant sur les rives, des rochers originaux, des moutons se laissant approcher, un pêcheur sympa, des panoramas grandioses... Bref du grand spectacle !
J'étais vraiment un privilégié et la dernière porte que j'ai passé n'a fait que renforcer mon avis. Voyez plutôt la photo: on est dans un irish western !
Après cela j'ai traversé un hameau sur un flanc de montagne. Et là était posé the mobil-home, comme le mien mais avec quelle vue ! La "steppe irlandaise " sur un fond de montagnes bossues et moelleuses !Une photo s'imposait donc !
C'est alors que le couple vivant dans cette maison, est sorti et m'a invité à boire le thé, comme cela, sans aucune raison ! J'ai donc accepté cette proposition venant du fond du cœur où nous avons pu faire connaissance. Une tasse de thé et des biscuits, cela vous redonne de l'énergie pour la suite en un rien de temps ! J'ai pu apercevoir cette fameuse hospitalité irlandaise, ce n'est pas un mythe!
Après j'ai rejoint la route pour me diriger vers Leennane ( Killary harbour !!) . Il n'y avait pas grand monde sur la route, cela en était désespérant ! Puis coup de bol, un couple d'allemands (Berlin) m'embarqua à coups de musique classique vers mon étape nocturne ! La route est très belle : vous longez le fjord de Killary Harbour ( profond estuaire où se jette des montagnes ), paysages de Norvège me voilà ! Le couple n'était pas très bavard mais bon, on ne va pas s'en plaindre !
Arrivée à Lennane
Me voilà en train de chercher un emplacement pour planter ma tente ! Je m'éloigne rapidement du bourg ( surtout qu'une bande de jeunes bourrés à la Guiness me regardait d'un drôle d'air tout en hurlant ).
Après avoir essayé plusieurs champs ( le coin est venté), me voilà sur une rive du fjord, derrière un arbre et un talus impeccable ( malgré que la route est juste au-dessus).
Ce fut le moment de testé pour moi le fameux répulsif anti-midge. Eh bien comment dire ? Ces affreuses petites bêtes essayent quand même de vous mordre mais aussitôt posées sur votre peau, elles prennent la poudre d'escampette ! L'heure de la vengeance a sonné ! A ce moment précis, les moutons étaient en train de voir un fou qui courait après les essaims de midges avec son pschitpschit citronné !
Non mais...
Bon je me suis fait réveiller par le fermier ( non je n'avais pas fait gaffe à la maison un peu plus loin ) mais on s'est arrangé. Et j'ai dormi tout le nuit, le couteau à portée de main, prêt à dégainer ( tout le monde pouvait me voir). Bizarrement je me sens plus en sécurité en pleine nature, un mouton gagne plus facilement votre confiance qu'un humain au bord de la route en pleine nuit...
Debout à 8h, je referme les barrières derrière moi ( le fermier aura de jolis nœuds de chaise à la place ).
Direction Maum !
Bon il s'agit de la route la moins fréquenté du dimanche matin, comment ça 14km ? 7 de plus pour Man Cross ? 20 pour atteindre la route principale ? Arghhhh !
Bon arrivée à la moitié du trajet, j'ai réeussi à embarquer avec un kayakiste jusqu'à Man Cross, ouf !
Il partait faire un tour sur les îles d'Aran et il n'a pas réussi à m'expliquer pourquoi le Long Corrib ( deuxième plus grand lac d'Irlande) ne disposait pas de centre nautique... S'il y a des entrepreneurs ici, cela vaut la peine d'y jeter un coup d’œil !
Petit déj' nutella, bus ( honte à moi ) et me voilà de retour à la ferme !
Mon premier trip m'a touché sur le plan nature, ici mon plus beau souvenir sera les rencontres que j'aurai pu faire ! Merci à tout les automobilistes qui m'ont aidé à réaliser cette grande boucle !
See ya !
Ps: je vous conseille d'aller faire un tour dans la section photos, il y en a pas mal !